Une femme qui part est le nouveau documentaire d’Ellen Vermeulen, dans lequel elle examine la singulière Marie-Louise Chapelle, première femme a avoir gravi un sommet inexploré de l’Himalaya en 1952. Elle menait une double vie, en tenant son rôle de mère pendant six mois, puis en bravant les montagnes inexplorées le restant de l’année. Septante ans plus tard, la réalisatrice repart pour cette ascension ardue. S'appuyant sur les archives de Chapelle, composées de journaux intimes, de lettres et d'images, Vermeulen traverse avec sa caméra les paysages enneigés inhospitaliers que le temps et le climat ont transformés au point de les rendre méconnaissables. Elle entrelace des séquences qu'elle a filmées elle-même avec les archives de Chapelle, et réfléchit à ses propres interrogations existentielles : une vie avec enfants, ou sans ? Une femme qui part étudie la tension entre les désirs personnels et l'inégalité sociale, et expose les limites auxquelles les femmes sont souvent condamnées. Une quête intime de sens, où le temps, les souvenirs et les choix s'entremêlent profondément. Un film sur les limites, les désirs et la complexité d'être une femme.
« Une femme qui part est un film ample dans sa proposition, qui déjoue les codes du film de montagne pour nous offrir une balade singulière entre passé et présent, aux côtés (et dans les pas) d’une femme extraordinaire. Ce n’est pas seulement une histoire qui mérite d’être racontée, mais la présence de la réalisatrice lui confère une puissance supplémentaire. Majestueux et énigmatique, le film nous renvoie, sans contradiction, à notre condition de femme et aux limites imposées par le système qu’il convient de démonter. »
Pauline David
« Une femme qui part développe un étonnant temps suspendu entre les mots et les images de Marie-Louise et la propre aventure matérielle et spirituelle d'Ellen Vermeulen. La descente finale de la montagne, en quelques plans presque silencieux, est à elle seule comme un engloutissement… »
Thierry Garrel
« En arrière-plan, il y a la beauté des images. Celles de Marie-Hélène d’abord, images Super 8 d’un autre temps, photographies argentiques qui documentent l’ascension des années 1950. Et celles d’aujourd’hui de l’ascension d’Ellen. Septante ans séparent ces images et pourtant il semblerait qu’elles soient issues du même espace-temps. Parfois l’image se fait montagne et se craque subrepticement, se détériore, comme ces pics qui s’érodent année après année. La montagne, majestueuse, happe sans crier gare et berce en même temps, comme une main protectrice qui viendrait rassurer ces femmes en quêtes existentielles. « “Une femme qui part ne revient jamais la même”. »
Nastasja Caneve / Cinergie
« Une femme qui part mêle l’exploration intime de femmes qui à travers les siècles questionnent l’assignation à la maternité, et le vertige à couper le souffle qu’offre le spectacle de la nature, même quand elle est attaquée. L’infiniment grand des flancs de montagne enneigés où fourmillent nos minuscules frères (et soeurs) humains, et l’infiniment petit des tempêtes intérieures qui poussent des femmes à s’affranchir des limites que voudrait leur imposer la société. »
Aurore Engelen / Cineuropa
,« Tout en retranscrivant la dureté de l’expédition, le film fait dialoguer les vécus à travers un dispositif onirique et envoûtant. Se rencontrent deux femmes de langues et époques différentes, unies par un même voyage et les injonctions à la féminité. Plus qu’un simple devoir de mémoire, Une femme qui part explore les traces d’une sororité inter-générationnelle et encourage les spectateur·ices à dépasser les limites imposées par le système. »
Festival En ville !





